Avec Parada, les enfants des rues retrouvent le sourire

Publié le 13 février 2015

Ionut Jugureanu dirige l’association Parada qui aide les enfants des rues à se réinsérer en faisant du cirque et d’autres activités. Il répond aux questions des collégiens de Germaine Tillion à Lardy.

Solidarité

Comment est née la fondation Parada ? Pouvez vous nous parler du créateur ?

La fondation Parada Roumanie a été créée en 1996 par le clown franco-algérien Miloud Oukili. Son but était de travailler avec les enfants des rues pour leur redonner l’envie de vivre, de quitter la marge de la société et de s’intégrer socialement en faisant appel à leurs capacités artistiques, souvent nombreuses. Grâce à un nez rouge et des balles de jonglage, il réussit à approcher cette population méfiante et marginalisée, délaissée des pouvoirs publics roumains. Miloud Oukili a ensuite créé Parada France.

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Combien de personnes compte la fondation ?

Nous avons 15 permanents (formateurs et instructeurs en cirque social, travailleurs sociaux de rue, psychologues, psycho-pédagogues, assistantes sociales, éducateurs), ainsi que 30 à 40 bénévoles.

Comment financez vous vos actions ? Êtes vous aidé par le gouvernement roumain ?

Nous avons un budget annuel entre 200 et 250 000 euros. Un tiers provient des fonds européens (en partenariat avec des structures étrangères), un autre tiers du RSE (Responsabilité sociale de l’entreprise, c’est à dire les fondations d’entreprises comme Accor, Air France, Veolia, BNP Paribas, etc), et le dernier tiers des revenus provenant des activités artistiques (spectacles, tournées, y compris à l’étranger, ateliers). le gouvernement roumain ne nous aide pas.

Les enfants sont-ils nombreux dans les rues ?

Aujourd’hui, on en compte moins de 2 000 à Bucarest et moins de 5 000 dans le pays.

Pourquoi la ville de Bucarest a-t-elle connu un tel phénomène ?

Les raisons sont multiples. Il y a d’abord la politique nataliste de Ceausescu qui encourageait à faire des enfants en interdisant l’IVG et les moyens contraceptifs. Les enfants non désirés étaient abandonnés dans les maternités et repris par les services sociaux de l’Etat (la DASS). Ceux qui échouaient dans des orphelinats vivaient dans des des condition misérables à cause des abus et du manque de ressources. Beaucoup préféraient s’enfuir. Jusqu’au début des années 2000, la protection sociale et la protection de l’enfance sont quasi inexistantes.

Agissez-vous en dehors de la ville de Bucarest ?

Non, la plupart d’enfants de rue y sont concentrés.

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Combien de personnes bénéficient de l’action de Parada ?

En 2013, environ 80 enfants, jeunes adultes et familles avec enfants ont bénéficié du centre de jour. C’est le noyau des activités sociales et culturelles développées par la Fondation. Une centaine d’autres bénéficiaires viennent de manière ponctuelle, en fonction des besoins.

Pouvez vous nous expliquez ce qu’est « Caravana » ?

C’est un unité mobile nocturne qui va à la rencontre des jeunes sans abri ou en situation de précarité extrême. Chaque nuit, les équipes sillonnent les rues pour mettre en contact ces gens avec les services d’aide.

Est-ce-que vous logez les enfants ?

On a eu jusqu’à six appartements sociaux à une époque. Le dernier a fermé il y a deux ans pour des motifs financiers. Actuellement, on essaye de travailler en réseau avec d’autres associations sur ce plan. On a aussi un projet de centre résidentiel financé par les fondations Air France et Veolia.

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Quels sont les autres moyens d’actions que vous utilisez dans le programme d’insertion ?

Nous utilisons le cirque social, le foot social, le centre éducationnel,

Pourquoi avoir choisi le cirque comme « action sociale » ?

Le cirque social est un outil de réinsertion : il est ludique et pédagogique, il permet d‘engager une relation structurée avec les enfants, fondée sur la discipline, l’exigence artistique et l’autonomie. En exprimant leur créativité, les enfants reprennent confiance en eux. Les spectacles permettent de valoriser l’enfant dans le regard des autres. Enfin c’est une démarche participative qui implique les enfants comme acteurs de leur propre développement.

Les ateliers de cirque sont ils prolongés par des spectacles ?

Oui, nous avons des spectacles, et même des tournées, en Roumanie et à l’étranger.

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En France Parada s’occupe des communautés Rroms, parmi les personnes que vous aidez y a-t-il beaucoup de Rroms ?

Parada n’a plus d’actions en France. Nous avons eu un projet dans les années 2 000 en banlieue parisienne dans les camps rroms de nationalité roumaine. En Roumanie, il n’y a pas d’approche distincte entre rrom ou non rrom. Un enfant de rue est marqué par la rue et non pas par ses origines. Il a coupé les liens avec la famille ou la communauté d’origine. Les groupes d’enfants de rue sont mixtes, et les enfants eux-mêmes ne font pas dans la ségrégation ethnique. Nous avons surtout des enfants issus de familles mixtes : mère roumaine/père rrom).

Avez vous des actions spécifiques en direction de cette communauté ?

Non, pas spécifiquement. L’intervention touche des enfants, voire des familles roms (il y a maintenant une 2e génération d’enfants des rues) pour autant qu’ils se retrouvent en situation de rue, mais on n’a pas d’approche ethnique. On estime qu’il ne s’agit point d’un problème ethnique, mais d’une question sociale.

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