La Badira, un hôtel pas comme les autres à Hammamet

Publié le 25 février 2015

Mouna Ben Halima est la patronne de l’hôtel "La Badira", à Hammamet. Cet hôtel cinq étoiles vient d’ouvrir, en décembre 2014. Elle répond aux questions des globe-reporters du collège Louis-Germain, à Saint-Jean-de-Védas.

Economie, histoire et politique

Avez-vous une formation spécifique ? Où avez-vous fait vos études ?

J’ai fait deux formations. D’abord deux ans de prépa au lycée Louis-le-Grand, à Paris. Ça m’a appris la rigueur, ça m’a appris à me concentrer pendant de longues heures d’affilée, à abattre une grande quantité de travail en peu de temps, à gérer les priorités. Puis j’ai suivi une formation de gestion, j’ai fait une maîtrise en contrôle de gestion et audit, à l’université Paris-Dauphine. Ca m’a appris les bases du management et de la gestion d’une entreprise. J’ai aussi fait un MBA (master of business administration) en 2008, douze ans après avoir eu ma maîtrise. On avait des professeurs des plus grandes facultés du monde. Ca a complètement changé ma façon de penser. Ça m’a appris que si on n’innove pas, si on ne se différencie pas des autres, on ne peut pas viser quelque chose d’exceptionnel. Le choix du luxe a été une conséquence de ce MBA. J’y ai étudié les besoins du marché et ça m’a permis de décider de ne pas faire la même chose que les autres.

Combien de langues parlez-vous ?

Je parle trois langues de façon fluide : anglais, français et arabe. Je me débrouille un peu en espagnol.

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Mouna Ben Halima, dans le hall de La Badira

Quel genre de clients avez-vous ?

Ce sont des personnes qui ont un fort pouvoir d’achat, qui sont très exigeantes, qui ont beaucoup voyagé dans le monde et qui comparent les hôtels qu’ils fréquentent. Nous avons beaucoup de professions libérales, beaucoup de médecins, par exemple. Il y a aussi un peu la jetset locale, des artistes, des sportifs, notamment un grand joueur de foot tunisien, des hommes politiques. On a reçu six ministres, dont l’ancienne ministre du Tourisme Amel Karboul. Pour l’instant, notre clientèle est surtout composée de Tunisiens, mais nous sommes en train d’organiser un événement pour faire venir la jetset française.

Quel genre de cuisine préparez-vous ? Avez-vous des buffets ?

Le buffet, c’est seulement pour le petit déjeuner, ou bien quand nous accueillons des séminaires, si on nous le demande. Nous avons deux restaurants : un restaurant de gastronomie tunisienne où on fait revivre d’anciennes recettes de grand-mère, avec beaucoup de produits du terroir. Et nous avons un restaurant plus décontracté, avec de la cuisine méditerranéenne, surtout axé sur le poisson. L’été, il y a aussi un restaurant gril sur la plage.

Y a-t-il des traiteurs ou des cuisiniers ?

Ce sont des cuisiniers, des sauciers, des pâtissiers...

Y a-t-il des élèves de collèges privés qui viennent pendant leurs voyages scolaires ?

Non, car l’hôtel est interdit aux enfants. Le concept de l’hôtel recommande la zénitude, le calme, ce qui est contradictoire avec la présence d’enfants, qui suppose beaucoup d’animations... C’est un hôtel très calme, où on vient se ressourcer et faire le plein d’énergie, quand on a un travail très stressant.

Y a-t-il une plage privée ?

Oui

Les employés sont-ils privilégiés ? Sont-ils bien rémunérés ?

Les conditions de travail sont certainement plus agréables qu’ailleurs, et en même temps plus stressantes, car la responsabilité est énorme : on vise l’excellence, donc tous les détails comptent, il n’y a pas le droit à l’à-peu-près. C’est donc difficile dans le sens où il faut de la discipline et de la rigueur. Mais c’est plus agréable sur le plan matériel : les employés sont tous mieux payés qu’à la concurrence, de 15 à 20% en plus, même davantage pour certains postes. Les vestiaires sont plus spacieux, les produits d’entretien sont de bonne qualité, la nourriture servie à la cantine est bonne et en quantités généreuses. Les employés ont pleins de formations, ce qui est très valorisant. Dans ce sens, mes employés sont privilégiés. Travailler dans mon hôtel, ça leur fait une bonne carte de visite.

Quelle est la période et le rythme du travail ?

La période où on travaille le plus, c’est juillet-août. La durée du travail est officiellement de 8h par jour. Mais dans l’hôtellerie, il n’y a pas d’heures pendant la haute saison. Les employés récupèrent les heures faites en plus pendant la basse saison.

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Sources photographiques

D’anciennes affiches publicitaires invitant au voyage en Tunisie sont accrochées sur un mur
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L’une des piscines
L’une des piscines
La Badira compte 130 chambres
La Badira compte 130 chambres
La vue sur la baie depuis l’hôtel
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Mouna Ben Halima devant La Badira, au début du chantier, en février 2013 !
Mouna Ben Halima devant La Badira, au début du chantier, en février 2013 !
Quatorze millions d’euros ont été investis pour rénover l’hôtel de fond en comble
Quatorze millions d’euros ont été investis pour rénover l’hôtel de fond en comble
Un bassin d’intérieur, à l’entrée de l’hôtel
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La Badira compte 130 chambres
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Mouna Ben Halima devant La Badira, au début du chantier, en février 2013 !
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