"Pigiste, ça veut dire qu’on est payé à la pige", Elodie Auffray

Publié le 17 novembre 2014

Les globe-reporters du collège Louis Germain de Saint Jean de Védas ont questionné leur correspondante Elodie Auffray, journaliste installée à Tunis, également correspondante du quotidien Libération.
L’interview a été réalisée sous forme de chat.

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Globe-reporters de Saint Jean de Védas : Depuis combien de temps êtes-vous en Tunisie ?

Elodie Auffray : J’habite en Tunisie depuis maintenant trois ans, je me suis installée en septembre 2011

GB : Avez-vous un bureau pour travailler ?

EA : Non, je n’ai pas du bureau, je travaille chez moi la plupart du temps, sauf bien sûr quand je pars en reportage. C’est souvent le cas quand on est "pigiste" comme moi. On travaille à la maison !

GB : Que veut dire pigiste ?

EA : Pigiste, ça veut dire qu’on est payé à la pige. On ne travaille pas très régulièrement, on n’a pas d’horaires, on ne vient pas au bureau tous les matins. On travaille sur commande des journaux avec lesquels on collabore. Plus ils commandent d’articles, plus on est payés. Il y a des mois où je travaille beaucoup, comme en ce moment, car ce sont les élections. Il y a d’autres mois beaucoup plus calmes.

GB : Qui vous commande vos reportages ?

EA : Moi je travaille pour le journal Libération, principalement. Je pense que vous le connaissez. Je travaille aussi pour l’Express, un hebdomadaire, pour Le Journal du Dimanche et pour Le Temps de Genève, un quotidien suisse.

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Découvrez Tunisie, au lendemain de la révolution de jasmin en cliquant sur l’image.

GB : Arrivez-vous a gagner votre vie ?

EA : Oui, ça va. Il y a des mois où c’est difficile, je ne gagne vraiment pas beaucoup d’argent. Mais les bons mois me permettent de compenser. En plus, la vie n’est pas très chère en Tunisie, les loyers sont beaucoup moins élevés qu’à Paris, par exemple !

GB : Combien d’années d’étude avez-vous fait pour en arriver là ? Et quelles études surtout ?

EA : J’ai d’abord été à la faculté. J’ai étudié les Lettres modernes. Et puis j’ai passé un concours pour entrer dans une école de journalisme, à Strasbourg. Elle a duré deux ans. Au total, j’ai étudié pendant 6 ans. Mais on peut faire plus court ! Par exemple, il y a des formations en journalisme qui se font en deux ans juste après le bac. Tout dépend des parcours, des envies, des possibilités. Il y a aussi des journalistes qui apprennent "sur le tas", surtout dans la presse régionale.

GB : Combien de temps mettez-vous pour réaliser un article comme celui sur les dernières élections ?

EA : Tous les articles ne demandent pas le même travail. Pendant les élections, il faut travailler très vite. Souvent, on a la commande le matin même et il faut rendre l’article l’après-midi. S’il y a un événement, une actualité, il faut être très rapide. Mais quand je fais un article sur un sujet "magazine", moins urgent, ça peut me prendre une semaine, voire plus.

GB : Impressionnant !!!!!!! Et pourquoi avez-vous choisi la Tunisie et pas un autre pays comme l’Égypte ?

EA : J’ai choisi la Tunisie parce que ce qui s’est passé pendant la révolution m’a beaucoup touchée, j’ai trouvé ça très intéressant, mais j’étais loin ! Je voulais voir de près, avec mes yeux, ce qui se passait. En plus, la Tunisie est plus "facile" que l’Égypte. C’est un petit pays, beaucoup de gens y parlent français. Je n’avais pas forcément besoin de parler l’arabe pour parler aux gens et faire mon travail.

GB : Désolé pour toutes ces questions, mais nous sommes curieux.

EA : avec plaisir. C’est le métier des reporters de poser des questions ! ;) Je peux vous en poser quelques unes ?

GB : Oui bien sûr !

EA : Est-ce que certains d’entre vous ont des liens avec la Tunisie ? Est-ce que vous connaissez un peu le pays, ou bien ça va être une découverte complète ?

GB : Aucun d’entre nous a des liens avec la Tunisie, on connaît globalement le pays mais c’est plutôt une découverte.

EA : Est-ce que vous avez déjà une idée des sujets qui vous intéressent ?

GB : Oui, la vie des jeunes nous intéresse, quels sont leur loisirs, leurs droits... Est-ce qu’il sortent le soir, leur genre au cinéma...

EA : Je pense que c’est une très bonne piste ! De toutes façons, comme j’ai dit tout à l’heure, vous êtes les chefs de rédaction, c’est vous qui choisissez les sujets, qui commandez les articles et qui m’envoyez les questions que vous voulez poser ! Peut-être qu’il faudra penser à une série de questions que vous voudriez poser à des jeunes de votre âge, et moi ensuite j’irai les poser à des collégiens, ce sont eux qui répondront, et je vous enverrai leurs réponses.

GB : On va réfléchir à des questions précises et on vous envoie ça en fin d’après-midi. Merci de votre écoute et de votre temps.

EA : Au revoir !

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