Une vie de collégien au Liban

Publié le 2 février 2016

Les lycéens du Carmel Saint Joseph répondent aux questions des globe-reporters du réseau d’éducation prioritaire Camille Claudel, à Paris.

Education et jeunesse

Les collèges sont-ils majoritairement publics ou privés au Liban ?

Au Liban, les collèges sont majoritairement publics : il y a 2805 écoles dans le pays, dont 1364 privées et 1441 publiques, selon les statistiques de l’Unesco en 2009. Le niveau des écoles privées semble être meilleur que celui des écoles publiques. La distinction au niveau des locaux et des sites entre école, collège et lycée n’est pas la même qu’en France. Les établissements privés comportent pour leur très grande majorité les classes du primaire, du collège et du lycée, et ce sur un même site, généralement dans un complexe de trois bâtiments. C’est le cas du Carmel Saint Joseph. Dans les établissements publics, les regroupements diffèrent selon les locaux. Il est possible de trouver les cas suivants : un site regroupant des classes de la maternelle à la 6e (cette dernière fait partie du primaire dans le système libanais), un site regroupant des classes de la maternelle à la 3e, un site regroupant des classes du CP à la 6e, un site regroupant des classes du CP à la 3e, un site de la 5e à la terminale, un site de la seconde à la terminale (c’est plus rare que le cas précédent).

Les élèves ont-ils des uniformes ?

L’uniforme est imposé dans la grande majorité des établissements privés et publics. Certaines écoles exigent des élèves de porter un uniforme bien précis vendu au début de l’année scolaire, alors que d’autres écoles donnent la liberté à leurs élèves de choisir leurs tenues.

Dans quelle langue enseigne-t-on ?

La langue d’enseignement dépend de l’école. La langue d’enseignement est notamment le français, dans les écoles francophones. Dans les écoles anglophones, la langue d’enseignement est l’anglais. Mais la langue qui unit toutes ces écoles est bien sûr l’arabe. Les établissements qui suivent les programmes libanais et français à la fois (comme le nôtre) enseignent la langue et la littérature française. Toutes les matières sont enseignées en français. L’arabe et l’anglais sont aussi enseignés, en tant que langues vivantes. L’arabe a cependant une place particulière, puisqu’il y a un enseignement de littérature arabe, en vue des examens officiels libanais.

Quelles sont les matières enseignées ?

Dans les établissements qui suivent les programmes libanais et français à la fois, comme le nôtre, les matières enseignées sont sensiblement les mêmes qu’en France. Nous y ajoutons quelques matières en arabe en parallèle, pour le brevet et le baccalauréat libanais.

Dans d’autres établissements privés ou publics qui n’offrent que le cursus libanais, on enseigne :

-l’arabe, le français et l’anglais

-les maths, les SVT, la physique et la chimie (en français dans les établissements francophones, en anglais dans les établissements anglophones)

-l’histoire, la géographie et l’éducation civique (en arabe). -Au lycée, SES et philosophie peuvent être enseignées en arabe, en français ou en anglais.

-EPS, informatique, arts plastiques... mais ce ne sont pas des disciplines examinées au brevet et baccalauréat libanais.

Est-ce que tous les élèves apprennent le français et l’anglais ? Quelles sont les autres langues proposées ?

La plupart des élèves apprennent le français et l’anglais, quelque soit la langue d’enseignement, anglophone ou francophone. Tous apprennent l’arabe. De plus, d’autres langues sont proposées, comme l’espagnol, l’allemand, l’italien.

Tous les élèves du Carmel Saint Joseph apprennent le français et l’anglais. Mais, dès la petite section, on commence à apprendre le français, alors que l’apprentissage de l’anglais commence en sixième. L’arabe est une troisième langue, proposée dès la petite section.

Votre établissement propose-t-il des projets, en plus des enseignements obligatoires (échanges, spectacles, actions de prévention etc.) ? Lesquels ?

Notre établissement s’intéresse beaucoup aux projets en plus des enseignements obligatoires, pour solidifier les relations entre les élèves. Nous pouvons en citer quelques uns :

-La chorale, tous les vendredis. L’année dernière, notre chorale est allée en France.

-Le bureau éditorial, qui organise des ateliers d’écriture tous les lundis et publie les textes et les poèmes écrits par les élèves.

-Il y a eu des projets de correspondance avec des élèves de Tassin (Lyon), ainsi que des projets pour aider les nécessiteux (collecte et distribution d’aliments, de vêtements pour les pauvres et les réfugiés, visite d’orphelinat, de maison de retraite...).

- Formation à la médiation : des groupes d’élèves apprennent à régler les conflits sans violence.

- La fête de l’école, le 19 mars : les élèves organisent et animent des activités sportives, culturelles et artistiques.

-« Ambassadeurs en herbe », organisé par l’AEFE : un groupe de cinq élèves représentent leur classe et l’établissement dans des débats.

-Tournois sportifs (football, basketball)

-Projet de l’école IADAD (pour élèves à besoins spécifiques) : des spectacles et des activités sont organisés par les élèves de seconde et sont présentés aux élèves de cette école chaque année à Noël.

-Parlement des étudiants, au lycée, organisé par l’université Saint Joseph : des élèves jouent le rôle de députés ou ministres et discutent des projets de loi.

Quels sont les effectifs par classe ? Cela vous semble-t-il correct ? Pourquoi ?

Le nombre d’élèves par classe varie selon les régions et les établissements : dans les établissements publics, il est rare que le nombre d’élève dépasse 30, sauf parfois à Beyrouth.

Dans les établissements privés, cela dépend de la politique de l’établissement : nous avons la chance, au Carmel Saint Joseph, de ne dépasser que rarement le nombre de 25 élèves par classe. Cela semble correct, car un nombre plus élevé peut conduire à la déconcentration des élèves. C’est facile à gérer pour le professeur, qui peut aider chaque élève. Cela permet aussi d’avoir une bonne ambiance en classe et dans l’établissement en général. Tout le monde se connaît. D’ailleurs, au niveau de l’espace, la classe ne peut supporter un nombre plus élevé d’élèves.

Quel est la réglementation en matière de sanction ? Avez-vous déjà exclu des élèves ? Pour quels motifs, par exemple ?

Les sanctions varient selon les établissements. Dans le nôtre, nous essayons autant que possible d’éviter les sanctions négatives (exclusion, travail supplémentaire). Nous essayons de proposer à l’élève une responsabilité qui l’aide à se remettre au travail.

Les élèves sont sanctionnés si :

-le comportement est négatif

-ils ne respectent pas les règles mises par la direction.

-l’attitude a un effet négatif sur l’ambiance de la classe et sur l’attitude d’autres élèves.

Certains ont des avertissements oraux ou écrits, d’autres un renvoi d’un ou deux jours. Il arrive d’exclure un élève quand il manifeste une violence verbale ou gestuelle. C’est assez rare.

Est-ce qu’il y a une cantine scolaire ? Quel est le pourcentage d’élèves qui la fréquente ?

Notre établissement, comme la majorité des établissements au Liban, n’a pas de cantine, mais une petite cafétéria où les élèves peuvent acheter un sandwich, des biscuits, des jus… et ce pendant les deux récréations de 30 minutes chacune. La cafétéria est fréquentée par la majorité des élèves (80%), à partir de la classe de CM1 (8e).

Notons que la journée scolaire se termine à 15h, ce qui est aussi le cas de la majorité des établissements au Liban. Ce qui permet aux élèves de déjeuner en famille, même s’il est tardif par rapport à l’heure du déjeuner en France. Mais au Liban, le déjeuner a souvent lieu entre 14 h et 16h, selon les familles. 

Sources photographiques

Façade de l’école primaire et de la maternelle : apparaît aussi un petit terrain de basket réservé aux élèves de 6e . Les élèves portent l’uniforme, c’est le même au collège et au lycée.
Façade de l’école primaire et de la maternelle : apparaît aussi un petit terrain de basket réservé aux élèves de 6e . Les élèves portent l’uniforme, c’est le même au collège et au lycée.
Façade du collège : entrée, cour extérieure, cour intérieure.
Façade du collège : entrée, cour extérieure, cour intérieure.
Entrée de la maternelle.
Entrée de la maternelle.
Couvent des Sœurs du Carmel Saint Joseph.
Couvent des Sœurs du Carmel Saint Joseph.
Terrain extérieur de basket et de football, entre le bâtiment du lycée et celui du collège.
Terrain extérieur de basket et de football, entre le bâtiment du lycée et celui du collège.
Terrain intérieur de basket et gymnase.
Terrain intérieur de basket et gymnase.
Salle polyvalente : ping-pong, salle d’exposition, forum des universités…
Salle polyvalente : ping-pong, salle d’exposition, forum des universités…
Coin de la cour intérieure du lycée.
Coin de la cour intérieure du lycée.
Coin de la cour intérieure du lycée : projet de recyclage.
Coin de la cour intérieure du lycée : projet de recyclage.
CDI
CDI
CDI
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Façade de l’école primaire et de la maternelle : apparaît aussi un petit terrain de basket réservé aux élèves de 6e . Les élèves portent l’uniforme, c’est le même au collège et au lycée.
Façade du collège : entrée, cour extérieure, cour intérieure.
Entrée de la maternelle.
Couvent des Sœurs du Carmel Saint Joseph.
Terrain extérieur de basket et de football, entre le bâtiment du lycée et celui du collège.
Terrain intérieur de basket et gymnase.
Salle polyvalente : ping-pong, salle d’exposition, forum des universités…
Coin de la cour intérieure du lycée.
Coin de la cour intérieure du lycée : projet de recyclage.
CDI
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