Waïl et Emmy, globe-reporters du collège Anne FRANK à Saint-Dizier souhaitent recueillir la parole d’une famille avec enfants qui prépare la fête du Têt. Après des semaines à essayer de trouver une famille vietnamienne francophone au Cambodge, notre envoyé spécial, la veille de son retour en France, encontre Frédéric CHAN, vietnamien installé au Cambodge.
Vie quotidienne
Pourquoi Waïl et Emmy du collège Anne Frank de Saint-Dizier ont-ils demandé à leur envoyé spécial d’interviewer une personne au sujet de la fête du têt ? Celle-ci est célébrée au Vietnam pas au Cambodge !
Il n’y a pas pris pas garde en lisant les demandes d’interviews des globe-reporters avant son départ.
Lorsque, arrivé à Phnom Penh, il découvre cette interview, notre envoyé spécial peut parfaire sa connaissance du pays et notamment constater qu’une importante communauté vietnamienne vit au Cambodge.
Leur présence ici est ancienne, elle remonte au XVIIe siècle avec l’arrivée de pêcheurs sur les rives du Tonlé Sap, s’intensifiant sous le protectorat français (1863-1953) où des dizaines de milliers de Vietnamiens sont recrutés comme main-d’œuvre qualifiée dans l’administration, les plantations et les rizières.
Cette immigration va renforcer le racisme anti-vietnamien déjà présent au Cambodge. Les persécutions culminent sous le régime de Lon Nol (1970-1975) et celui des Khmers rouges (1975-1979), qui expulsent ou massacrent massivement les Vietnamiens, avant un retour massif après l’invasion vietnamienne de 1979 et l’occupation jusqu’en 1989, favorisant l’installation de colons, soldats et administrateurs malgré les tensions nationalistes.
Aujourd’hui, plusieurs centaines de milliers de Vietnamiens (estimations entre 400 000 et 800 000) vivent dans des conditions économiques précaires, souvent sans-papiers, occupant des emplois dans la pêche, le bâtiment, le commerce ou la prostitution, confrontés à une apatridie persistante, des purges administratives et un statut juridique instable.
Notre envoyé spécial se renseigne, interroge les premières personnes qu’il rencontre sur leur connaissance d’une famille vietnamienne francophone. Sans succès. Et c’est par hasard qu’il va déjeuner dans un petit restaurant vietnamien du centre de Phnom Penh pour constater que la patronne est francophone.
Malheureusement, elle refuse de répondre aux questions des globe-reporters, arguant que son français n’est plus assez bon. Parce que la cuisine y est délicieuse et pour tenter de convaincre la patronne, notre envoyé spécial y retourne trois fois. Rien à faire, elle ne veut pas.
Entretemps, il essaye d’entrer en contact avec Frédéric CHAN dont un contact lui a donné le numéro. Ce n’est qu’à la toute fin de son séjour que Frédéric lui répond pour lui donner rendez-vous dans le quartier d’Arey Ksart situé de l’autre côté du Mékong et uniquement accessible par un bac qui le traverse.